Les infirmières ne veulent pas rentrer dans les ordres.
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Les élections pour les conseils départementaux de l'ordre infirmier se sont déroulées entre le 9 avril et le 24 avril dernier. Le fait le plus marquant, c'est la très faible participation des infirmières à cette élection, en particulier des infirmières salariées du privé et du public.
La mise en place d'un conseil de l'ordre infirmier a été votée par le Parlement en 2007, à la demande du gouvernement. Sur le modèle des conseils de l'ordre tels qu'ils existent déjà pour les médecins, les sages-femmes etc., ce conseil de l'ordre était une vieille revendication des associations professionnelles infirmières corporatistes. Pour ces associations, la défense de la profession, y compris contre d'autres professions de santé, ce ne sont pas les revendications de salaire ou d'embauche,mais essentiellement des débats sur les actes professionnels, les conditions d'accès à la formation pour le diplôme, etc.
Comme pour tous les autres conseils de l'ordre, il est prévu une inscription obligatoire à cet ordre, assortie bien sûr d'une cotisation tout aussi obligatoire. « Payer pour pouvoir travailler » en quelque sorte.
En tout cas, les résultats à ces élections départementales prouvent clairement une chose : le conseil de l'ordre infirmier n'intéresse pas... les infirmières.
Le taux de participation atteint les 13,73 % à l'échelle nationale, ce que l'association pour un ordre infirmier considère - sans rire - comme « un bon résultat » ! Le plus fort taux de participation concerne le collège des infirmières libérales, qui ne représentent que 14 % des infirmières.
Pour ce qui concerne les infirmières salariées, les chiffres de participation sont inférieurs à 10 % : à Paris, où sont inscrites en particulier les infirmières de l'Assistance-Publique-Hôpitaux de Paris, le taux de participation global est de 7,24 %. Mais le taux de participation des infirmières salariées du privé est de 5,78 %, et celui des infirmières du public est de 4,93 %.
Ce sera difficile après un tel fiasco d'imposer une cotisation obligatoire pour un « machin » dont personne ne veut.
Correspondant Lutte Ouvrière
