Icade vend ses logements sociaux

Icade vend ses logements sociaux : les bureaux, ça rapporte plus


Les bureaux, ça rapporte plus
Annoncée en décembre dernier, la vente par Icade, une filiale de la Caisse des dépôts, de 32 000 logements locatifs situés pour l'essentiel en Ile-de-France, fait scandale. Les maires de la plupart des communes concernées, une quarantaine, dénoncent l'opacité la plus totale de cette vente.
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En fait, dans cette affaire, la Caisse des dépôts est à la fois vendeur et acquéreur. En effet, la Société nationale immobilière (SNI), qui est à la tête d'un consortium de 25 bailleurs sociaux s'étant mis sur les rangs pour faire une offre de rachat, est elle-même filiale d'Icade.

Depuis son entrée en Bourse en 2006, la politique d'Icade a consisté à vendre des pans entiers de son parc locatif. 500 logements ont ainsi été vendus en 2006, 3 000 en 2007, environ 4 800 en 2008 et, en décembre, elle a annoncé sa volonté de vendre le reste, soit 32 000 logements.

Une chose est sûre : Icade évalue cet ensemble à 2,93 milliards d'euros, alors qu'il y a trois ans, lors de l'introduction en Bourse, son pôle logement, qui comptait alors 10 000 logements de plus, avait été estimé 1,42 milliard. Une valorisation de 120 % en trois ans, si ce n'est pas de la spéculation, ça y ressemble beaucoup ! Ce montant est d'autant plus indécent que depuis de nombreuses années ce parc, comme peuvent en témoigner nombre de locataires, est mal, voire très mal entretenu.

Cette opération, qui devrait conduire à l'éviction de nombreuses familles populaires, est d'autant plus scandaleuse que les logements concernés ont été construits avec de l'argent public, et souvent sur des terrains donnés à l'époque par les communes pour un franc symbolique. Et les responsables d'Icade ne s'engagent nullement à construire d'autres logements sociaux avec les fonds ainsi dégagés. Ceux-ci serviront d'abord à arroser les actionnaires. Quant au solde, il donnerait à Icade, de l'aveu même de son PDG, « des marges de manoeuvre importantes, alors que des opportunités vont se présenter dans le secteur tertiaire ».


Roger MEYNIER