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Bonus : Au paradis des traders... et des banquiers


Au paradis des traders... et des banquiers
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Au moment de la crise financière, quand tous les États fournissaient sans compter des milliards aux banques pour « sauver » l'économie, les traders avaient été dénoncés à la vindicte publique. Les gouvernants s'étaient indignés de leurs bonus : la spéculation était responsable de la faillite, et les traders étaient scandaleusement récompensés pour leurs méfaits.

Durant l'été 2009, la ministre de l'Économie Lagarde avait dénoncé cette « honte absolue ». Sarkozy avait réclamé la fermeté et annoncé un code éthique, convoquant à l'Élysée les dirigeants des grandes banques et exigeant que « rien ne soit plus comme avant la crise ». Il exigeait « des engagements précis, pour que les comportements scandaleux, scandaleux, qui ont choqué les gens partout dans le monde, cessent ». De son côté la Communauté européenne annonçait « la fin des bonus extravagants » grâce à des « règles d'encadrement les plus ambitieuses du monde ».

On voit aujourd'hui ce qu'il en est. Les principales banques françaises prévoient de verser trois milliards de bonus à leurs traders. BNP Paribas aurait provisionné dans ce but un milliard. Et il en est de même partout dans le monde. Ainsi, en Grande-Bretagne, Barclays verserait plus de 3 milliards et HSBC près de 1,5. Quant à la Royal Bank of Scotland, qui en 2009 avait été tellement aidée par l'État que certains la considéraient comme nationalisée, elle versera plus d'un million en moyenne à 200 traders.

Ces bonus ne sont jamais que des récompenses pour les profits que les traders font faire aux banques. À voir le montant des bonus, on imagine la hauteur des profits.


Vincent GELAS