Hollande en Grèce

Hollande en Grèce : en quête d’une image et de contrats


en quête d’une image et de contrats

Les 22 et 23 octobre, Hollande est allé en visite officielle en Grèce. Il s’est fait applaudir au Parlement. Il a vanté le courage de Tsipras qui a accepté un compromis difficile pour rester dans la zone euro… grâce aux conseils de Hollande lui-même. De son côté, Tsipras a rendu hommage à la force de conviction du président français.


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Après ces congratulations, ils ont envisagé leur future coopération pour aider la Grèce à mettre en œuvre les réformes nécessaires. Il faut bien sûr entendre par là les mesures d’austérité imposées à la population pour rembourser les créanciers internationaux.

Le gouvernement français propose donc de participer à la réforme de l’administration grecque, en particulier fiscale, en formant des agents aux pratiques de Bercy. Voilà qui ne risque pas d’effrayer les gros fraudeurs !

Quand la Grèce aura réussi à honorer pleinement ses obligations envers les créanciers, on pourra passer, selon Hollande, à l’étape suivante : la renégociation éventuelle de la dette, sans oublier que les puissances européennes doivent investir pour aider le pays à retrouver la croissance. D’ailleurs Hollande avait emmené dans ses bagages quelques représentants de grands groupes français susceptibles d’investir avec profit, c’est-à-dire de participer à la braderie des privatisations. Les ports, les routes, les chemins de fer, le gaz, l’électricité, les télécommunications : voilà peut-être de bonnes affaires pour Suez, la SNCF, Alstom, EDF ou Vinci, déjà implanté dans le BTP et la gestion des autoroutes grecques.

Il ne restait plus à Hollande qu’à évoquer la position stratégique de la Grèce « notre frontière, pointe avancée de l’Europe », que celle-ci devrait aider financièrement à tenir le rôle de gardien de camps de rétention et à faire le tri entre les réfugiés acceptables par les pays d’Europe du Nord et les autres à renvoyer chez eux.

Hollande a joué son rôle de VRP de l’Europe et des industriels français et d’apôtre du réformisme raisonnable. Tsipras, à la recherche d’alliances, lui a donné la réplique. Un cinéma dérisoire qui ne peut faire oublier l’acharnement des puissances financières et des gouvernements à faire payer la crise à la population grecque, et aux autres.


Sylvie MARÉCHAL